Celle qui apprenait à dire Non

Fin de mon coaching avec Jean Marie. Je viens de vivre une des journées les plus dingues de ma vie en me confrontant à mes peurs et mes idées reçues à travers des défis que Jean Marie m’avait fixés.

Dernière épreuve. Placer 5 mots dans mon temps de parole de fin de cours.

Opuscule – Cepage – Globuline – Orgasme – Magicienne.

Ok … Voilà voilà voilà … Débrouille toi avec ça ma vieille !!!

La journée a été inoubliable. Des expériences, des rencontres, des évidences. Magnifique. Un sans faute si je réussis ce dernier challenge. Mais j’ai du mal à accepter qu’il empiète sur le cours. Ma récompense de la journée. Mon moment tant mérité. Mais soit … Même pas peur, ça va être fun !

Dur dur de tourner mes phrases dans ma tête. Et si je plaçais ça comme ci, et ce mot là comme ça… Oui, mais, j’anticipe la fin du cours, et je n’en profite pas! Et j’ai envie de le vivre à fond celui là, je l’ai mérité ! J’arrête donc de penser. J’improviserai le moment venu. Mais c’était sans compter sur l’intensité du cours.

J’ai totalement lâché prise avec Daniel. Sur un exercice qu’habituellement je n’aime pas et que je fais sans entrain. Je sens bien que la peur essaye de s’immiscer et qu’elle n’y parvient pas. L’accueil en totale confiance de ce désagréable moment. Je t’emmerde ma peur, tu as perdu !

Et les cadavres. Whahoooo ! Avoir 3 corps inertes au dessus du sien, et devoir ramper, onduler, bouger, centimetre par centimetre, pour en sortir. Quelle force, quelle puissance, quelle claque ! Une assurance, une évidence que je sortirai de là. Jusqu’à ce que je me sente naître… Ouarf, je m’extirpe de mon ancienne vie pour éclore dans la nouvelle. Quelle jouissance !

Orgasmique.

Non loin de moi pourtant, une de mes collègues demande aux garçons de se relever. Elle est en larmes et ne gère pas la pression des corps, leur inertie, et cet enfermement. J’ai de la peine pour elle. Mais je ne dois pas m’empêcher de vivre pleinement mon moment, d’accepter de le gérer différemment et d’y prendre du plaisir. Chacun son ressenti, chacun ses peurs, chacun ses joies et ses fiertés.

Pourtant, lorsque le temps de parole arrive, je m’aperçois que si je réfléchis à placer mes mots dans mon intervention, je n’écoute pas ce qu’ils me donnent parce que je pense égoïstement à mon moment. Mon moment de « gloire » : finir la journée sur un sans faute.

Puis une petite voix interieure m’a demandé si c’était vraiment plus important que de recevoir leurs paroles… Mon tour, je bafouille, je parle mais essaye d’anticiper l’ordre des 5 mots… Non, je ne le ferai pas !

Cela ne m’est pas impossible, je n’ai pas peur, et j’ai envie de le faire … Mais … A cet instant, j’ai le choix. Et je fais instinctivement celui du coeur : Leur donner mon ressenti immédiat, pas calculé, pas réfléchi. Je ne veux pas perdre mon intention de vérité, et mon besoin de les remercier pour cette expérience, en choisissant des mots imposés.

Alors, égoïstement, je choisis de ne pas faire mon ultime défi. Je choisis de parler comme je le ressens et pas comme je le pense. Je partage alors ce que j’avais besoin de leur dire, ce que j’avais sincèrement envie de partager.

J’ai quasiment aussitôt senti les larmes monter. Je me suis déçue et pourtant, je n’ai pas de regrets. Je suis en colère et pourtant, j’ai fait le bon choix.  Alors sur la route du retour, je pleure. J’évacue, je lâche. Je me fous du peu de gens que je croise… Si vous saviez…

J’ai passé une incroyable journée, j’ai triomphé de moi même, et j’ai refusé de faire le dernier défi. Pourtant, le défi pour moi, c’était bien de ne pas le faire. D’assumer de parler avec le coeur et pas avec les mots d’un autre. J’ai pris le risque de décevoir Jean Marie, et quelque part, je me suis déçue de ne pas aller au terme de mon succès.

Mais le lendemain, quel soulagement, quand j’ai appris que le dernier défi consistait justement à me faire faire l’infaisable, que l’exercice était justement d’écouter mon coeur, de m’opposer à la volonté de Jean Marie, et de refuser.

J’ai gagné ! J’ai dit NON !!!

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