Celle qui se sentait chez elle

Quel plaisir de voir un Charles m’accueillir les bras ouverts, une Aude me faire un grand sourire et me frotter le dos en me disant « ça fait longteeeeemps !!! », un Samuel qui s’approche et me fait la bise ponctuée d’un clin d’oeil, un Clément pétillant, sincèrement content de me voir et un Mathieu tout sourire, de venir se défouler alors qu’il était mal encore 48h avant ce soir …
Quel groupe, quelle famille, quel bonheur !

Un pèle mêle d’exercices déjà « connus » et d’autres qui semblent nouveaux mais dont le principe est « acquis » (bah à moi tiens !)
Connus … Acquis … A peine 2 mois et je ressens déjà une reconnaissance dans les mouvements, une évidence dans les rotations, un plaisir dans le partage avec ces partenaires que je commence à choisir selon les exercices. Je ne m’énerve plus quand je n’y arrive pas. Je ne m’excuse plus quand je fais mal.
Derrière la porte de ce petit gymnase, il y a des gens que je ne connais pas personnellement, et pourtant, que je connais profondément. Je connais leur force et leur gène, je peux choisir le partenaire pour prendre du plaisir, le partenaire pour me tester, le partenaire pour m’aider à apprendre, à comprendre. Je n’hésite plus à solliciter Jean Marie quand je n’y arrive pas. Je n’ai plus peur. Plus peur de le déranger, plus peur d’être une mauvaise partenaire, plus peur de mal faire, plus peur de craquer, plus peur d’avoir mal. Mon corps me dit quand il ne veut pas, quand il ne peut pas, et je l’écoute. Mais quand je sais qu’il peut, je fais, je ne lui donne plus le choix. Le choix … J’ai le choix. J’ai le DROIT. Et je le prends !

Depuis quelques jours, quelques petites semaines, je suis quelqu’un d’autre. Je sais que j’ai enfin ouvert mon champ des possibles. Plus de peur panique, plus d’affolement. Ce n’est plus que de l’appréhension, de la curiosité, des réflexions et une peur légère, frissonnante. Plus de doutes, ni de freins orchestrés par l’angoisse. Je veux oser, je veux essayer. Cette peur, je lui ai trouvé une nouvelle image, positive : Le nouveau chemin de ma vie est comme la file d’attente d’un grand 8. On attend, anxieux, en hésitant chaque seconde à faire demi-tour, mais l’excitation enfantine nous scotche à cette queue, et les cris que l’on entend dans le manège à sensations nous fait dresser les poils tout en poussant un peu devant pour que le tour arrive plus vite. On appréhende, mais on paye quand même pour se faire la plus belle des frayeurs. Celle de l’enfant qui ose, qui fait comme les grands, et qui pourra raconter en descendant du wagon, la goutte de pipi au bord de la culotte, que ça fait « même pas peur en vrai » !

Je pétille, je frissonne, je flippe, je trépigne, je recule, pour prendre un peu d’élan, j’hésite, mais me jette en avant … Je vis. Je ressens. Je suis.

A peine 2 mois de Systema pour réaliser à chaque séance les bonds de géant que je fais pendant les quelques jours qui séparent chaque cours.
A peine 2 mois de Systema et quelques séances pour trouver l’endroit où je suis légitime, où je m’épanouis, où j’apprends et me confronte, où je partage et reçois de l’inattendu, de l’inestimable, de la pureté à l’état brut.

Je sais qu’un jour, j’oserai dire au cercle de parole : « Merci. Je vous aime. Sincèrement »

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