Celle qui en rêvait … ou pas 

Ca y est, c’est parti !
Enfin, le premier stage est à portée de main.
Des semaines, des jours, puis des heures. Enfin !!!

Daniel, Alexei, Antoine, Yolaine … Trajet agréablement rythmé par différents classiques de jazz et d’incontournables morceaux bien choisis.
Un papotage fluide s’instaure au fil des kilomètres. Une ou 2 siestes pour faire passer le temps.
Tout le monde est enjoué, ravi, à peine stressé.

Pourtant … une perfide petite crise d’angoisse me prend dans la voiture, à mi parcours. Est-ce vraiment une bonne idée ?
Et si je ne suis pas à la hauteur, je vais peut-être me faire mal, je n’ai rien oublié, est-ce que j’ai bien tout fermé en partant, et si j’ai une rage de dents ou un probleme sur place, est-ce que c’est bien raisonnable de partir. Tu es folle ma fille …
Péage. Déclic. Je ne peux plus faire demi tour. J’ai peur. Ca monte. Accueille. Accepte.
Pause déjeuner. Papote, échanges, mais les discussions restent assez ciblées sur le sport, déviance sport de combat, puis vers expériences Systema.
Me monte une panique incontrolable à l’évocation d’expériences au couteau, et de massages.
C’est ce qui m’angoisse le plus.
Je suis même obligée de quitter la table et de sortir fumer une cigarette pour prendre l’air et respirer, réflechir. Je ne tiendrai jamais. Non mais dans quoi je me suis embarquée ? FOLIE !!!

Plus les kilometres défilent, plus l’heure d’arrivée approche, et plus la pression monte.
J’ai beau être assez mal installée et avoir les fesses toutes engourdies, je sens bien que j’aimerais que le trajet dure éternellement.

Destination en vue. Un village aux airs fantomatiques que nous traversons pour aboutir sur un hameau perché au bout d’un chemin, de la famille de ceux que l’on ne peut trouver que par hasard, ou pour une très bonne raison. Voilà c’est tout à fait ça. Moi, c’est la raison que j’ai perdue !

Un gite au bout d’un corps de ferme nous servira de pied à terre. Des chats rodent, dos rondement offerts aux caresses. Jean Marie apparaît dans la cour. Enfin une vision rassurante, mais bien insuffisante pour palier à cette envie irrépressible de faire demi-tour.

Néanmoins, nous rentrons dans la pièce principale qui accueillera visiblement nos repas.
Une personne, puis une autre. Un visage, un sourire, puis d’autres.
Une grande salle, un sofa, 3 grandes tables de banquet. Des gens qui entrent et sortent, se sourient, s’observent. Tout le monde semble s’apaiser dès que le seuil de la porte est franchi, comme s’ils savaient qu’ils sont bien là pour la même chose. Se trouver, au contact des autres. Chacun vient chercher une fluidité, un lâcher-prise de ses tensions et de ses contraintes. Une manière de savoir accueillir les contrariétés, les ennuis, les peurs et les peines.
Chacun vient avec son probleme, son envie de compréhension, son petit coffre rempli de mauvais souvenirs ou de vieux démons, et espère trouver la clé, la réponse, la solution. Chacun sait que le soutien des autres, le partage d’un besoin commun facilitera les choses. C’est bien de la bienveillance, de la confiance, et de l’espoir qui traversent les regards. Une envie commune qui donne une sorte de foi, une sorte de réconfort, même s’il ne parvient pas, pour l’instant, à me calmer, ni à me suffire.
Accueil des participants. Visages connus et inconnus. Ceux dont je recherche instinctivement la chaleur rassurante. Daniel, Alexei, Antoine, Yolaine, Jean-Marie, Manu. Retrouver Manu est une des rares choses qui m’apaise. Avec le plaisir de rencontrer Christophe dont j’ai tant entendu parler. Celui que j’ai surnommé Ratatouille juste en échangeant quelques textos avec Jean Marie pendant le trajet. Je me rends compte que cet homme sera l’oeil extérieur du séjour. Que de sa cuisine, il aura sûrement un rôle prépondérant à jouer, une sorte d’attache à la réalité, une personne extérieure aux cours. Jean-Marie est au taquet. Je sens dans le choix de ses mots qu’il est excité, impatient, sûr de lui. Malgré tout, il trouve du temps pour m’impliquer, pour me regarder, pour me sourire, parce qu’il me connaît par coeur et que je sais que même à distance, il doit recevoir toute la force de mon appréhension et de mes angoisses.
Il les connaît et les reconnaît aussi parce que je ne suis ni la première, ni la dernière, qui passera par là. Consciemment ou non, à plus ou moins grande échelle, chacun passe, à sa façon par toutes les étapes que je vais traverser. En sa présence, en leur présence…

Chacun arrivera avec plus ou moins d’appréhension et de curiosité. Chacun traversera les prochains jours avec plus ou moins de pression et de difficultés. Chacun repartira avec plus ou moins d’enseignement et d’avancée. Mais à coup sûr, chacun aura grandi et se souviendra longtemps de ce petit gite perché dans cet intemporel espace.

3 commentaire sur “Celle qui en rêvait … ou pas 

    • Ca vient mon Lionel. Un texte par semaine. Il faut patienter. De temps en temps, il y en aura 2. Moi aussi, je suis fan. Et les autres du Vercors sont tops eux aussi surtout celui du bocal.

  1. Tu m’as fait sourire, tu m’as beaucoup émue, j’ai retrouvé dans tes mots toutes ces émotions qui m’ont moi aussi traversée en arrivant au stage intensif du Portugal… Merci et bravo Globuline

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