Celle qu’on appelle Liberté

Mercredi. Jour de la semaine, jusque là, rien d’anormal. Un jour de milieu de semaine, celui qui la coupe et nous rapproche du week-end. Celui qui la délimite et la rend supportable. Mais ça, c’était avant.
Aujourd’hui, particulièrement ce soir, Mercredi a pris un tout autre sens.
Ce soir, j’ai réalisé la chance que j’ai, et le chemin que j’ai parcouru.
Ce soir, je me sens libre.

J’assume de profiter de mes journées sans avoir peur du lendemain.
J’assume de me servir de mes mots et de mes connaissances graphiques pour aider, pour mettre mes aptitudes aux services des autres, et en récolter tout le bonheur et la liberté que cela m’offre.
J’aime utiliser mon traitement de texte et une valse de mots pour me pencher sur les projets des uns, réfléchir aux ambitions des autres. J’aime utiliser photoshop et les outils graphiques, ainsi que mon imagination pour préparer le mariage de mon meilleur ami, et travailler à la forme de la future zone de jeu de Globuline.
J’aime y passer mon temps, avoir l’impression de n’avoir jamais autant travaillé que ces derniers temps, mais y prendre un plaisir que je n’aurais jamais osé espérer lorsque mes peurs avaient le contrôle.

Je me laisse porter. Je profite de chaque minute de ma nouvelle situation, je profite de chaque pensée négative que je n’ai pas, de chaque doute qui ne s’installe pas, et de chaque angoisse qui ne pointe pas.
Je me laisse couler. Et je réalise qu’il n’y a rien de flippant à profiter de la vie.

J’ai aimé chaque minute du cours. Tout le monde transpirait le bonheur d’être là. Tout le monde était d’humeur joviale, et impliqué. Chacun a fait de son mieux en partageant la découverte des nouveaux exercices dans une complicité qui s’installe naturellement. Même les « nouveaux » se sont laissés emporter. Au bout de quelques dizaines de minutes, on ne distinguait plus l’ancienneté des participants. Chacun donnait, aveuglement, dans le ressenti et la confiance de l’autre.

Aucun jugement, et pourtant, nous commençons à nous permettre de nous moquer gentiment les uns des autres. Chacun l’accueille avec malice et bienveillance. Je ne suis pas sure que cela aurait été possible il y a encore peu de temps. Chacun, malgré la confiance et la connivence, restait dans le besoin de bien faire. Maintenant, nous sommes dans le besoin de faire, et de partager totalement.

Personne ne se retient plus de plaisanter, de rire et de sourire.
Nous sommes dans la cuisine d’un grand restaurant étoilé. Chacun sait ce qu’il a à faire, sait qu’il donnera le meilleur de ses compétences pour satisfaire la clientèle, alors, à force d’esprit d’équipe, il n’est pas rare que de la farine vole à travers la pièce, ou que de la sauce n’atterrisse sur un nez.

Pareil chez nous ! Nous sommes des élèves assidus et prêts à donner le meilleur, mais il n’est plus rare qu’un doigt chatouille un pied, qu’une main claque une fesse, ou qu’une intervention ne soit en rien constructive, mais juste pour faire rire la classe !

Chacun teste sa liberté. Sa liberté de bien faire sans chercher la perfection. Sa liberté d’essayer plus que de réussir. Sa liberté de ressentir et de triompher.

Il n’y a pas de meilleure façon d’apprendre qu’avec et à travers l’autre. Nous ne cherchons presque plus à savoir comment ça marche, ou pourquoi cela marche, et nous arrivons presque à laisser évoluer le cours sans contrainte. J’ai entendu rien que 4 fois ce soir « J’ai pas tout compris, mais c’est pas grave. Allez, on essaye ? »

Du bonheur.

En rentrant, maitresse de mes mouvements et de mes horaires, j’ai attendu le bus et l’ai regardé arriver. Puis repartir. Je n’ai pas cherché à comprendre pourquoi je l’avais laissé passer. J’ai repris ma marche, et j’ai coupé par la pizzeria. J’ai demandé une base simple, avec un supplément +++ de fromage, de champignons, d’oignons et d’ananas … Voilà pourquoi j’avais laissé passer le bus ! Pour gouter encore une fois le plaisir de me faire plaisir sans tenir compte de la tête du serveur amusé par ce cocktail de saveurs détonantes.

En arrivant chez moi, ascenseur en panne. Pas de stress, pas d’énervement. Un sourire et un soupir devant la première marche des 7 étages qui m’attendent. M’en fous, je vais encore plus mériter ma pizza. Merde, je m’installe pour la manger, elle est froide …
Micro Onde !!!

Et me voilà. Libre. Totalement libre de vivre de petites choses sans contrainte et de m’en délecter …

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