Celle qui surveillait la marmite

Quel bonheur que la séance de ce soir.

Toute en souplesse, nous avons joué comme des enfants, heureux de se retrouver dans la cour après une matinée de cours fastidieux et ennuyeux.

Nous nous sommes embrassés pour nous saluer, nous nous sommes souris pendant les premiers exercices comme pour scruter la résonance de nos malices respectives, nous avons glissé, même bondi, les uns vers les autres, d’exercices en exercices, pour partager notre joie d’être là, notre joie d’être ensemble.

Et comme à chaque fois, le mélange de nos personnalités a permis une séance exceptionnelle, quasi parfaite.

Cette magie. Quelle magie !

Comme dans toute potion magique, il faut divers ingrédients.

La recette est simple : Prenez une branche des lunettes de l’espiègle Vincent, un poil de la barbe du débonnaire Samuel, un lacet de basket de l’intemporel Daniel, une frisette du malicieux Clément, une étincelle du regard charmeur d’Aude, un coude d’Alexeï le super Big Jim, une fossette du sourire de Paul-Etienne, un cheveu du rassurant Sacha, une pirouette de l’agile Louis, un tatouage de Charles le guerrier, un globule de Globuline, 500 grammes de sourires et 1 kilo de complicité des autres partenaires, et laissez mijoter le tout sous le feu qui anime Jean Marie.

Vous obtiendrez, à coup sur, une potion efficace et une progression fulgurante des participants.

Jean-Marie, ça ne compte pas, il n’en a pas besoin, il est tombé dedans quand il était petit. Mais lui, il ne boude pas, il profite de chaque instant, de chaque échange, de chaque rire, de chaque soupir, de chaque clin d’œil et se fait son petit shoot au passage.

Se rouler les uns sur les autres, essayer de se piétiner, éviter de se faire saisir, autant d’exercices qui ressemblent à des danses. Des danses rythmiques, des danses acrobatiques, des danses physiques et qui pourraient paraître parfaitement chorégraphiées. Notre salle de danse, notre salle de jeu, nous permet d’apprivoiser nos corps et nos esprits, de les mélanger et de les faire grandir, les uns grâce aux autres.

Bon, ok, j’ai le dos en compote. Il a pris 20 ans en une nuit, mais j’en ai perdu 20 dans la tête, et cet équilibre entre l’âge de mon corps et celui de mon esprit me permet d’ouvrir mon âme d’enfant dans un corps qui a encore besoin d’apprendre à m’appartenir. Doucement, je sais que cette douleur se transforme, elle est moindre de séance en séance, et surtout, elle me rappelle chaque matin le plaisir que j’ai pris la veille. Je peux ainsi sourire à ce souvenir et partir du bon pied pour toute la journée, pour toute la semaine, même avec une séance chez le dentiste prévue dans quelques heures !

Un positivisme naît inéluctablement de cette potion magique.

Joie, Paix, Amour, Harmonie, Fluidité. C’est le mantra que ma psy m’avait conseillé de répéter tous les soirs en me couchant. Mais elle ne se doutait pas qu’en plus de le dire, j’allais le vivre, chaque Mercredi.

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