Celle qui se sentait privilégiée

Une bière ! Mon royaume pour une bière !
Allez, une Grim’ rouge qui traine dans le frigo, bonheur !

Pendant le trajet du retour, cette envie sonne comme une obsession. Tout est tellement intense quand on sort de ce cours, que même de simples petites choses, de tous petits événements s’amplifient.
Une Tour Eiffel qui scintille dans la nuit juste au moment où je l’aperçois, devient une excuse pour sourire à la beauté de la vie.
Une douce soirée d’Avril qui permet de rentrer en se baladant au rythme de la berceuse d’une brise chaude, sonne comme une belle nuit d’été.
Une bière négligemment oubliée dans un bac à légumes de frigo se transforme en nectar, en Saint Graal.

Je sais que je ne suis pas la seule à subir cette transformation.
Tout le groupe est concerné, impacté. Cela se sent avant même le début du cours.
Des gens qui s’embrassent en se retrouvant, des sourires, des caresses amicales, des mains qui s’empoignent et des regards pétillants.
On est loin des « salut comment vas-tu » envoyés sans attendre de réponse.
Il existe aujourd’hui plus qu’une confiance dans ce groupe. Il s’est développé un vrai plaisir d’être ensemble et de partager ces incroyables moments.
On ose même les boutades, les jeux de mots, les interventions spontanées. On ose être nous même.
L’autre n’est plus un partenaire, il devient un complice, un camarade de jeu, même si nous continuons à le faire très sérieusement.
Au contraire, la peur de mal faire, la honte de ne pas réussir, se sont effacées.
Nous ne sommes plus dans l’envie de bien faire, ou dans le besoin de bien faire, mais dans l’intention de ressentir ce que l’on fait, de le vivre.
C’est un échange différent. Chacun apprend de l’autre, comme avant, mais n’exécute plus l’exercice comme il est demandé. Il se l’approprie et essaye de nouvelles choses avec l’aide et l’approbation de l’autre.
C’est fou ce que 3 mois peuvent faire.
3 mois suffisent à transformer des inconnus en complices.
3 mois suffisent à transformer un instructeur en partenaire.
3 mois suffisent à transformer un groupe en équipe.

Chapeau !
Nous sommes Globalsystematizés, tous autant que nous sommes.
Chacun se lâche et s’ouvre un peu plus à chaque séance.

Pendant ma balade de retour, je repense au cours, la seule chose qui continue à me frustrer, ce sont les assouplissements, et les déplacements fluides que nous devons exécuter en nous prenant pour des animaux en imitant leurs mouvements souples et si caractéristiques. Mes « imitations » sont plus qu’approximatives, et mon corps à encore énormément de mal à s’appartenir totalement. Pour les jeux de mime, ne me prenez jamais dans votre équipe si votre intension est de gagner !!! En revanche, pour l’improbable, et la tranche de rire, allez-y gaiement !!!
Mes lapins sont des grenouilles au cul lourd, mes grenouilles sont de vieux crapauds kangouroutisés, mes scarabées sont des tortues débonnaires, et mes limaces se prennent pour Jabbah the Hutt … Pathétique ! Mais qu’est ce que ça peut me faire marrer !
Merci encore pour ma petite crise de fou-rire que j’ai assumée seule, et qui m’a fait un bien fou !

Je suis sereine et heureuse. Car ce soir, j’ai eu une révélation.
J’ai réalisé que Jean Marie n’était plus mon coach.
Je n’ai plus à attendre de lui qu’il m’aide, mais simplement qu’il soit à mes côtés, comme l’ami qu’il est devenu.
J’ai compris à ce moment là ce qu’il avait voulu dire le soir de notre dernier jour de coaching, que cela lui faisait drôle que cela s’arrête, car nos rapports allaient changer.
Oui, ils ont changé, mais contrairement à ce que je redoutais (vieux réflexe du syndrome d’abandon), pour quelque chose de bien plus fort, puisqu’à partir de maintenant, il ne sera plus derrière moi, à m’empêcher de tomber ou à me pousser, mais bien à côté de moi. Pas d’égal à égal comme il semblait le dire, mais bien de partenaire à partenaire, de complice à complice, d’ami à ami.

Quel délice.
Je lève ma dernière gorgée de bière à notre incroyable amitié, à ce nouveau monde que je m’approprie petit à petit, et à la magie qui en émane.

2 commentaire sur “Celle qui se sentait privilégiée

  1. De « La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules … » vers la « Bliss-itude » ? :D

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