Celle qui tentait l’expérience du Systema

Paniiiique ! J’entre dans cette salle. Mais qu’est-ce que je fais là? Je suis incapable de bouger. Tous mes muscles sont figés, mes jambes tremblent, mes mains sont moites, ma mâchoire est crispée. Timidité maladive … Chiotte ! Je n’ai rien à faire là. Je dois écouter mes envies, suivre mon instinct, assumer d’être mal, très mal. Je dois me lever et quitter cet endroit qui me déplait, et la vue de ces gens qui me font peur. Allez! Assume! Lève toi et marche ! Jean Marie ne te jugera pas, il comprendra que tu n’es pas prête. Oui, tu as le droit de ne pas être prête …

Stop. Arrête. Mon corps, tais-toi ! Je suis ou je dois être. Il est temps que j’affronte ma peur du regard des autres. Ici et maintenant, je décide de faire confiance à Jean Marie, puisqu’il arrive à avoir confiance en moi. Contrairement à moi …
Je l’aime de me donner la force de rester.
Je le hais de cette lutte de conscience que je m’inflige.

Une fille est entrée. Quasiment instantanément, je me détends. Presque. Enfin, un peu. La séance commence.. Tremblante … Courage …

Marche à l’aveugle. Exercice de respiration. J’ai les yeux fermés, je navigue dans le flou. Je sens mon corps se détendre. Tant et si bien que j’ouvre les yeux à 2 reprises pour récupérer mon esprit qui s’envole. J’ai peur! Tout à coup, une impression bizarre. Je n’ai plus peur, je ne suis plus seule. Une impression si forte que j’ouvre les yeux. Il est là ! Mathieu est là ! Celui qui a rendu tout cela possible est là. Une pensée m’envahit. La boucle est bouclée. Je suis bien là ou je dois être, car la confiance que j’accorde à Jean Marie vient de prendre toute sa valeur, renforcée par celle que Mathieu lui même lui accorde.

Je cherche d’abord à bien faire… Le contact avec les autres devient un renfort et un réconfort terrible. Alors je me donne. Mais le contact direct, le toucher, est pénible et désagréable. Je n’aime pas l’idée d’attraper, d’éviter, de se toucher. On se déséquilibre, on se laisse tomber, on accepte la chute de l’autre en spectateur … C’est dur pour moi. Pas grave, je vais apprendre. C’est violent et douloureux. Ok, je l’accepte, je le mets dans un coin de ma tête, je verrais ce que j’en fais plus tard. Me voilà avec Mathieu. Comme toujours, il trouve les mots juste : « très bien pour une première fois ! T’es dedans, je suis super fier de toi! » C’est beau, c’est magique, c’est un cadeau inestimable.

Je fatigue. J’ai mal. J’ai hâte que ça s’arrête. Quelques minutes s‘écoulent. Quelques toutes petites minutes. Le cours est fini. Tout le monde s’assoit par terre, en cercle, pour un petit temps de parole ou chacun va partager son ressenti de la séance. C’est fou, chaque intervention me touche et résonne profondément. Je regrette juste que Jean Marie n’ait pas donné son propre ressenti de la séance. Je lui demanderai de le faire la prochaine fois. C’est important qu’il le partage avec nous.

Mathieu me ramène. Vu l’état de mon dos et des muscles de mes cuisses, j’adhère ! Il m’avoue pendant le trajet qu’il me voit changer, m’épanouir, m’affirmer…

J’aime Jean Marie pour cet incroyable cadeau. Pour cette immersion dans mes peurs profondes, sans intrusion.
Je le hais pour le mal que ressentent tous les muscles de mes jambes qui s’étaient bien habituées à ne jamais se forcer !

Je ne sais pas si j’ai aimé ce cours ou pas. Je refuse de me poser la question. Je ferme mes réflexions pour ce soir. J’accueille l’échange, et je ferme l’intellect. Je fais confiance à mon réveil de demain pour faire émerger le plaisir ou la déception. J’accepterai d’avoir envie d’y retourner, ou non…

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