Celle qui se prenait pour un poisson philosophe – 2ème partie

Quelques exercices de respiration pour calmer les émotions, et il est temps d’ouvrir les yeux.
Enfin, je vais pouvoir croiser les visages et y lire se qu’ils traduisent.
Je vois sur certains toutes les questions qu’il m’est arrivé de me poser face à une situation, et toutes les réflexions que j’aurais du me faire pour qu’elles n’aient pas de moyen de s’agripper à mon esprit torturé :
– « Quel est l’intérêt de se faire taper dessus ? … Pas compris … » Attends, ça émergera plus tard !
– « Ouf, j’étais à 2 doigts de craquer ! » Bien, tu viens de découvrir que tu as plus de force que tu ne le croyais.
– « Merde, on va rouvrir les yeux et tout le monde va voir que j’ai pleuré » Oui, et alors ? Tu montreras tes faiblesses cachées derrière tes forces, ce qui te rendra simplement humain. Cela peut aussi être touchant et rassurant pour les autres !
– « Encore ! J’ai pas craqué et j’aimerais toucher mes limites !!! » Pourquoi ? Tu as contrôlé tes émotions jusque là, quel intérêt de continuer à faire semblant pour te faire encore plus de mal ? Tu as la chance d’avoir une résistance hors du commun, accueille, accepte et sois en fier.
– « J’ai détesté cet exercice, merde, ils m’ont fait mal !!! » Oui, comme dans la vie, tu as croisé la frustration de ne pas pouvoir rendre, et l’injustice de n’avoir pas eu que ce que tu mérites. Le regretter ou le rejeter ne changera rien à ton chemin. Cherche ce que tu mérites, et donne toi les moyens de l’obtenir.
– «Yes, j’ai réussi ! Je suis en paix ! » Bravo. Tu viens de comprendre que la vie n’est qu’une succession d’épreuves et de rencontres, et que tu en ressors plus fort. Tu vas pouvoir recevoir sans craindre et respecter ta capacité à recevoir.
– « J’aurais dû rendre les coups, j’ai été con ». Non. Comme dans la vie, certaines règles, certaines obligations, ne te permettent pas de faire ce que tu veux. L’accepter, le respecter, et ne pas en faire un frein permet d’accueillir plus facilement, et d’en faire un fait qui apaise la colère.
– « Pourquoi je souris, ça m’a rien fait, c’est débile ce truc ! ». Effectivement, cet exercice ne t’a servi à rien. Tu te mens souvent à toi-même et tu continues à le faire. Tu as éteint les sentiments, les réflexions, l’optimisme, et tu ressors de là comme tu y es entré. J’espère simplement que tu prendras le temps d’y réfléchir car en soi, même ce sentiment là peut donner une piste sur ta façon d’aborder les choses dans la vie.

Dans tous ces cas bien différents, un point commun : « On n’exprime ce que l’on ressent, ce que l’on reçoit, de manière bien différente, et souvent refoulée. On ne s’autorise pas à avoir simplement mal, et l’on cherche un moyen d’expression, auditif ou corporel, qui puisse exprimer notre ressenti sans le dire.
Nous cherchons donc tous, à notre façon, à nous exprimer, à communiquer, à dialoguer avec l’Extérieur.
Malheureusement, nous ne le faisons pas ici puisque dans le bocal, les règles sont strictes et la parole est interdite. Pourtant, nous les acceptons, alors qu’à tout moment, nous avons le choix, nous avons la liberté, d’arrêter l’exercice. Mais la possibilité, la chance de tester notre résistance et de nous mesurer à nous-mêmes est trop grande pour renoncer.
Ainsi, nous sommes sensés réaliser au passage l’importance de communiquer nos impressions à l’autre.
Pas de « Merci », pas de « Doucement, tu me fais mal », pas de « Je ne comprends pas ton geste », pas de « Je n’ai pas mérité cette attaque et souhaiterais la comprendre ». Juste une injustice profonde, une frustration, une colère souvent montante, et pour la plupart, des larmes et des dents serrées lorsque l’expérience s’arrête enfin.

Ainsi, nous avons appris à marcher et à nous déplacer dans la vie.
Nous avons vécu des bons et des mauvais moments au fil de notre route
Nous avons croisé, caressé, percuté, blessé des gens et d’autre l’ont fait en retour.
Nous avons cru avancer seuls, et avoir compris comment éviter les obstacles
Nous nous sommes confrontés à la réalité de la solitude autant que de la recherche de l’autre.
Pour finalement, finir percuté par l’Extérieur, recevoir l’évidence, et en sortir toute la colère, toute l’humiliation, toutes les larmes que l’injustice de la douleur procure.
D’autres finiront triomphants, apaisés, soulagés, sans larmes ni colère.

Lorsque l’on respire, que l’on avance doucement, que l’on lâche le mental pour faire confiance à son ressenti, lorsqu’on accompagne les coups et que l’on reprend sa route tranquillement, on traverse l’exercice avec sérénité, et on peut même en ressortir avec fierté, soulagement et bien être !

La vie est ainsi faite. Des câlins, des poussées, des coups, des accolades, des caresses, des rencontres percutantes ou chaleureuses, et l’on finit toujours par trouver une issue. Le temps, des bras aimants, …
Chaque épreuve n’est qu’une tranche de vie, un moment à passer, bon ou mauvais. Et quoiqu’il arrive, il passe.
Les coups résonnent quelques temps pour s’effacer, les câlins réconfortent et redonnent de la force, les gifles fouettent et nous violentent pour finalement nous prouver que l’on est toujours debout, que lâcher définitivement et s’écrouler ne nous empêche pas de nous relever.

Le bocal, c’est l’histoire de ma vie. Des caresses, des mots réconfortants, des rencontres, des doutes, des coups, des souffrances, des rires, et une bonne claque qui a failli me mettre à terre, et dont je me suis finalement relevée plus forte.

2 commentaire sur “Celle qui se prenait pour un poisson philosophe – 2ème partie

  1. C’est chouette de revivre cette belle expérience du bocal au travers de tes impressions, tes sentiments, tes sensations. Je m’y retrouve en partie ! Merci pour ta générosité et de partager tout cela Stéphanie.

  2. Tu vois ma douce … aujourd’hui c’est l’anniversaire de la naissance de mon Père …en fait, il m’a appris le SYSTEMA très très jeune … et je savais pas ce qu’il faisait et ce que nous faisions ensemble dans ce bocal … les baffes j’ai rien compris, rien n’était expliqué … ton témoignage me touche car je vois qu’une partie de ma Force intérieure vient de là mais aussi une partie de mes faiblesses … mais maintenant je les vois et je comprends le JEU … le JEU de ce « je » de cette Âme qui a décidé de vivre çà …AVEUGLE … dans un tout petit corps poussière de poussière sur une poussière dans l’ Univers !!! … juste pour avoir une idée de son infinie grandeur ! et en fin poser sur ELLE son regard de Bienveillance et d’ Amour

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