Celle qui tiltait sur la Saint Valentin

Je profite de la Saint Valentin pour revenir sur une réflexion que je me fais depuis un moment.

Peut-être que je ne suis pas très objective puisque j’ai rencontré mon Valentin lors de mon premier stage intensif dans le Vercors, et que j’ai définitivement compris qu’il m’accepterait toujours telle que je suis pendant le stage d’automne dans les Cevennes.

6 mois pendant lesquels le Systema a été notre moyen de rencontre, les bases de la construction, et finalement le ciment révélateur de l’évidence.

Aujourd’hui, notre relation est extérieure au Systema, mais il reste une référence très souvent citée, car le lâcher prise, et la prise de conscience, qu’a provoqué notre premier stage, est clairement à l’origine de notre relation, et qu’elle n’aurait vraisembleblement jamais existée sans cela.
Aujourd’hui, nous ne la vivons pas à travers la pratique, mais nous restons conscients de ce que cela nous a apporté.
Du coup, je suis persuadée que le Systema, dans les exercices de connexion, dans ceux qui provoquent des prises de conscience de soi, et de mise en relation avec le partenaire, pourrait être un superbe outil thérapeutique pour les gestions de crises de couple, ou le renforcement des liens conjugaux.

Dans les cours, et dans les stages, il n’y a pas de travail possible sans confiance. En soi et en l’autre.
Il n’y a pas de partage possible sans lâcher prise, sans détachement de soi et du regard de l’autre.
Il n’y a pas d’évolution possible sans le partage et la connexion totale avec l’autre .
Et dans le couple, je me dis que c’est souvent ce qui s’étiole et qui finit par faire défaut.
Le temps passe, on s’habitue à l’autre, on doute quelquefois de ce qu’il est et de ce qu’il dit, on perd confiance en soi et en l’imagination du renouveau perpétuel, par habitude, par lassitude, par manque de temps.
On oublie de s’abandonner totalement, parce que la vie, le travail, les enfants, demandent d’être toujours plus responsable, plus organisé, plus concentré, et ce qui en pâtit en premier, malheureusement, c’est le temps libre, celui que l’on est sensé passer avec soi-même, et avec son conjoint.
Son conjoint, son partenaire, son compagnon, sa moitié …
Qui ne devient petit à petit qu’un élément extérieur, source d’inquiétude, de doute, d’ennui, de contrariétés.
Il reste de bons moments, plein de bons moments. Mais la communication s’essouffle, les sourires s’effacent, la fatigue s’installe. « Au début », « Avant », cette relation naissante, ce sentiment palpitant, c’était l’élément salvateur, la soupape de sécurité, le seul endroit où l’on se sentait bien, seul au monde, protégé de tout : dans les bras de l’autre.

Tout ça pour dire que le Systema, lorsqu’il demande une connexion, quasi une union avec le partenaire, pourrait être un moyen sur-efficace de relier deux personnes qui s’éloignent sans trop le vouloir, sans trop s’en apercevoir, et réunir deux personnes qui s’ennuient, s’échappent ou s’agacent.

Lors d’une marche à l’aveugle, on doit se laisser guider par l’autre, s’abandonner à lui.
Lorsque l’on fait des exercices de poussée au sol, on doit totalement se connecter à l’autre.
Dans chaque exercice, on parle à son partenaire, on le corrige, on l’encourage, on communique par les mots, les attitudes, les sourires.
Tout est réuni pour que ces exercices soient faits en couple, et permettent aux deux parties de se retrouver, de se connecter, de s’amuser, de réveiller la confiance angélique et naive de l’enfant, qui otera toute réflexion, tout ressentiment, tout sentiment négatif, ne serait-ce que le temps d’un cours, juste pour en reprendre l’habitude, la bonne habitude.

De cours en cours, d’heure en heure de stage, je suis persuadée que deux personnes peuvent réapprendre à se connaître, à se reconnaître, à retrouver le plaisir d’être ensemble, à se retrouver chacun pour réapprendre à avoir envie d’être ensemble.

Dans le Systema, on se respecte, on respecte l’autre, on est soi-même en acceptant l’autre tel qu’il se donne, et l’on partage des sensations pures, tout ce qui n’est finalement que ce que chacun recherche dans une relation saine et apaisante.

C’est exactement ce que l’on trouve dans le Systema.

Avec mon Valentin, nous n’avons pas cherché à nous trouver. Nous nous sommes connectés.
Nous avons appris à nous connaître et avons compris un peu plus chaque jour ce qui nous était apparu comme une évidence, ce qui n’était alors qu’une impression, qu’une intuition.
Lors du stage des Cevennes, nous avons mis notre relation à l’épreuve.
Le contact des autres, la proximité qui s’installe avec eux, qui peut venir titiller la jalousie et le sentiment d’inconfort que le manque de confiance en soi, et parfois en l’autre, génère.
Les souffrances engendrées par certains exercices, ou par le bocal, qui doivent être vécues pour soi, et où l’on ne doit pas rentrer dans les émotions de l’autre, pour ne pas interférer, le laisser vivre ce qu’il a à vivre, autant qu’il doit le faire de son coté. Ce qui met à l’épreuve l’impuissance, la mise à distance, dans le respect total de l’autre, tout en faisant croitre la certitude de l’amour que l’on a pour lui, de cette connexion qui fait qu’on souffre de le sentir en souffrance mais que l’on respecte totalement ses besoins.
Et puis les cercles de parole. Ceux qui nous permettent de dire ce que l’on ressent. De rentrer à nouveau dans l’émotion, dans le ressenti, dans le vécu. Et qui pourrait permettre à certains d’en profiter pour se parler, pour se confier, pour dire, avec le coeur, tout ce que celui-ci ne prend plus ni la peine, ni le temps de dire à l’autre.
Réapprendre à se parler, à communiquer, à accepter ses forces et ses faiblesses, réapprendre à se faire confiance et à faire confiance à l’autre, réapprendre à se sentir bien et en sécurité avec lui, retrouver une complicité enfantine et un plaisir pur, reprendre le contact l’un avec l’autre dans une relation saine et évidente.
Ou simplement admettre que l’amour n’est plus. Mais qu’au nom de ce qui a été vécu, l’on peut se respecter, s’affectionner, et réapprendre à s’apprécier. Faire la paix avec soi, avec l’autre, pour pouvoir se faire à nouveau confiance, pour pouvoir aller de l’avant et s’aimer un peu plus afin d’être aimer un peu mieux.
Que ce soit pour réapprendre à aimer l’autre, ou à s’aimer soi-même, on se rapprochera toujours de l’amour, de celui que l’on mérite et dont on a besoin.

Voilà ce que je pense que le Systema peut apporter à un couple.

Bonne fête les amoureux, les non amoureux, les néo-amoureux, les ex-amoureux, les futurs amoureux … Avant tout, soyez votre propre Valentin(e), aimez-vous vous même pour que l’autre puisse vous aimer tel(le) que vous êtes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *