Celle qui rencontrait ceux qui ne connaissent pas

Diner chez des amis.
Autour de la table, 3 personnes qui connaissent le Systema, tandis que les 4 autres n’en ont qu’entendu parler.
Comme souvent, le Systema vient s’imposer dans les sujets de conversation.
Car le Systema réveille les curiosités, les questionnements, les incompréhensions.
Pour les néophytes, il s’agit souvent de comprendre l’intérêt de se faire marcher dessus, de prendre des baffes et des coups de fouets, de se retrouver à terre pour éviter un couteau ou un bâton et de trouver ça enrichissant.
A cause des vidéos que l’on trouve sur le net, ou de bribes de conversations entendues d’un bout d’oreille entre des pratiquants, le Systema devient une espèce d’activité sadique qui nous fait passer pour des espèces de sado-maso en quête de sensations fortes.

Alors comment expliquer l’incompréhensible? Comment « rassurer » ces gens, ses amis, qui ne se contentent pas d’un « Le Systema il faut le vivre pour comprendre, il est impossible de t’expliquer réellement ce que c’est tant que tu ne l’as pas expérimenté toi même »

Expliquer le Systema à des adultes, c’est un peu comme expliquer le sexe à des enfants.
On se dépatouille, on se perd dans des images et des explications un peu bancales et on n’obtient que de grands yeux ronds qui nous font définitivement passer de la case « humain » à la case « extra-terrestre ».

Non, le Systema ne s’explique pas. Du moins, pas en quelques mots simples et concrets.
Parce qu’il s’agit d’expliquer un cheminement, une recherche de soi, et des émotions qui sont propres à chacun.
Mais moi Balandar, jamais décontenancé, j’ai décidé d’essayer, encore une fois, de le faire en ne parlant que de mes émotions et de mon ressenti.
Je ne sais pas si j’ai réussi à les « convaincre », à revenir dans la case « personne saine de corps et d’esprit », mais au moins, j’ai essayé.

J’ai répété que prendre des baffes dans une marche à l’aveugle, c’est une excellente représentation de la vie, du quotidien, de la façon dont chaque jour on peut rencontrer des contraintes, des peines, sans les avoir vu venir.
J’ai précisé que beaucoup d’exercices renforçaient la confiance en soi et en les autres.
J’ai raconté comme on peut aussi se retrouver à beaucoup s’amuser, se prendre pour des animaux, s’étreindre et devoir se libérer en mode chewing-gum, sans tension, sans force.
J’ai rappelé que d’autres pratiques étaient beaucoup plus violentes, plus strictes, plus encadrées et donc plus rigides.

Encore une fois, je n’ai cherché à convaincre personne, seulement à décrire ce que je ressentais, en me rendant compte que je ne souhaitais pas réellement les faire changer d’avis.
Ma vision du Systema m’est propre. Comme elle l’est à chaque autre participant. Et finalement, expliquer ce que l’on reçoit, ce que l’on partage, c’est personnel et finalement, assez intime.
On apprend beaucoup sur soi et sur les autres. Sur leur nature, leurs peurs, leurs freins, leur personnalité. Et ça, c’est un cadeau que je n’ai pas envie de partager.

Je comprends leurs peurs. J’avais les mêmes.
Et j’en ai toujours aujourd’hui, je l’avoue !
Le couteau, le bâton, les pompes et autres assouplissements restent de vraies contraintes pour moi.
Mais mes rires lors des étreintes, mes angoisses dans le bocal, mes rages face aux douleurs, mes larmes devant les bâtons, je n’ai pas envie de les servir à chaque repas.
Après tout, j’ai suffisamment écrit sur le sujet pour m’en libérer, pour tout partager, et j’invite chacun à se faire sa propre impression.

Bref, expliquer le Systema, c’est comme vouloir résumer la physique quantique.
Partager ses souvenirs d’un stage, c’est comme parler une autre langue.
Essayer de convaincre quelqu’un de ne pas avoir peur à l’idée de se faire marcher dessus, c’est comme lui demander d’attraper un chat affolé sans se faire griffer…

Envisageable … Mais pas très réaliste !

Alors, vous qui aimeriez partager vos impressions sur le Systema, n’ayez pas peur.
Ni de choquer si vous le pratiquez, ni d’être curieux si ce n’est pas le cas.
Liberté, bienveillance, humilité … C’est finalement bon pour tout le monde !

2 commentaire sur “Celle qui rencontrait ceux qui ne connaissent pas

  1. Je crois que Manu m’a dit un jour !
    « Quand tu vois Jean-Marie arrivé , souriant , bienveillant , super détendu.
    Tu te dis , c’est qui ce type ? qu’es-ce qu’il fait pour être ainsi »

    Il est la meilleur pub que l’on puisse faire pour le systema.

    Au delà de notre savoir faire , je me rend compte que c’est notre savoir être qui amène les gens à nous.

    Après vaincre ces appréhensions et essayer , c’est pas toujours évident.

    Mais le systema l’essayer , c’est l’adopter. Encore un beau texte globuline.

    • Merciii !
      L’inconnu était l’une de mes plus grandes peurs, je ne peux que comprendre les gens qui s’appuient sur les « il parait », et s’effraient des « on dit ».
      Mais les dépasser, c’est prendre le risque de toucher la magie ! :D

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