Celle qui était infidèle

Forte de ma prise de conscience de la soirée de la veille (voir épisode 13), je me suis réveillée jeudi dans un nouvel état d’esprit. Définitivement libre, cette sensation avait bien l’air de vouloir s’ancrer, s’accrocher, et m’appartenir définitivement.
Pourtant, je ne pouvais pas m’empêcher de me demander si Jean Marie n’était pas en partie responsable de cet état. Oui, je me sens libre, oui, je me donne pleinement en cours, oui, je me sens bien et parfaitement à ma place, oui j’ai l’envie de flâner et de sourire en rentrant chez moi … Mais n’est-ce pas simplement sa présence, son énergie, et l’osmose de notre groupe qui en est à l’origine, plus qu’une transformation qui continue à opérer ?

Taraudée par cette question, je décide vendredi de me présenter au cours d’Olivier, pour de multiples raisons.
D’abord, l’envie de le revoir et de partager un moment avec lui. Mais aussi pour me confronter à un nouveau groupe, à de nouvelles têtes, et pour voir si je me sens aussi à l’aise et si j’arrive à emporter des « inconnus » dans ma dynamique.
Je veux changer « d’instructeur », de groupe de travail, retrouver les impressions du début, oser ou non aller vers les autres et découvrir de nouvelles façons de travailler et d’échanger.
On ne s’habitue jamais aux exercices, il n’y a jamais de redondance d’une séance à l’autre, mais on s’habitue à nos partenaires, on arrive même à les choisir en fonction de leur façon de travailler.
Des plus doux, des plus durs, des plus lents, des plus rapides, des plus sérieux, des plus malicieux, des plus légers et des plus lourds.

Nouveau groupe, nouvelles découvertes, nouvelles sensations. Et sans appréhension puisque la confiance et la bienveillance restent les facteurs communs de tous les groupes. Une nouvelle façon d’accueillir les exercices, les gestes, les échanges, les ressentis. Oser ne pas se retenir, oser vivre. Nouveau « challenge ».

Bon, raté.
Beaucoup de têtes connues. Et la magie opère avant même le début du cours.

Je retrouve Olivier, Mathieu et Rudy dehors, assis à papoter. (D’ailleurs, petite parenthèse, le fait que Rudy soit entouré d’Olivier et Mathieu me permet de lui parler d’entrée, de m’adresser à lui comme si je le connaissais, alors que je le vois pour la première fois. Je réalise que Steph la timide n’existe plus non plus …) Puis Clément arrive, puis Dilnara, et Estelle … Un défilé de têtes connues, toutes heureuses de me voir. Rien que pour cela, la dynamique de l’accueil et l’appartenance à un groupe me donne des ailes.

Les têtes inconnues ou peu connues sont minoritaires mais suffisantes pour que j’essaye de modérer l’excitation qui m’a envahie.
Mais c’est sans compter sur la bonne humeur de l’espiègle Dilnara qui me saute dessus dès le début du cours. Je lis dans ses yeux « Cool, elle est là, on va bien rigoler ! », elle met tout en œuvre pour me déconcentrer, me faire rire, me lancer dans un état d’euphorie. Elle réveille en moi l’élève dissipée, et je ne peux la contrôler. D’ailleurs, à chaque fois que je calme le jeu et que je tache d’être studieuse, elle revient me piquer les fesses pour relancer la machine.
C’est bizarre, mais c’est presque trop. J’aime m’éclater et me lâcher en cours, j’aime transformer la salle en cours de récré, mais je n’ai pas aimé que d’une certaine façon, elle me connaisse assez bien pour contrôler mon enfant intérieur.

J’ai réalisé ce matin que finalement, j’avais voulu tester mon aptitude à changer de groupe, mais que j’avais en fait tester malgré moi les limites de la malicieuse, et que le contrôle que les autres peuvent avoir sur moi lorsqu’ils appuient sur le bon bouton me dérange …

La liberté découverte mercredi a failli voler en éclat vendredi. Je crois que j’étais même soulagée que le cours finisse. J’étais finalement agacée par mon comportement et je me suis retrouvée confrontée au jugement des autres. Est-ce que je les agace aussi lorsque je me lâche trop ? Est-ce qu’ils ont l’impression que je prends ça à la légère, et que je me sers d’eux pour me défouler, sans respecter leur concentration, leur application ?

Mon but était de changer de partenaires. Comme dans une troupe de danse de salon, on connait son partenaire attitré, on n’a pas de surprise. Mais avec un nouveau danseur, on réapprend à fusionner, on retrouve le vrai plaisir de danser.
Pareil chez nous. Habitués au Rock’n roll, il est bien appréciable de se mettre à valser, ou a se lancer dans une salsa endiablée.
C’est ce que je voulais vivre.
Mais cela c’est avéré difficile avec une Dilnara qui se met en mode Fox Trot !!!

J’ai quand même adoré ce cours. Beaucoup de travail au sol, ce qui a fait voler en éclat une de mes dernières idées reçues : « Le sol ? Merde, mon dos !!! Je vais morfler demain matin !!! »
Et bien non. Au contraire. A part quelques bleus aux épaules et aux genoux (il faut définitivement que j’apprenne à tomber), je n’ai pas mal au dos, et j’ai très peu de courbatures.

Bravo Olivier ! Et merci !!!
Merci pour ton accueil, tu étais visiblement content de me voir, et c’était un vrai bonheur !
Merci pour ton travail qui me change des mercredis, mais qui était incroyablement révélateur.
Mon lâcher prise m’a fait tourner la tête à plusieurs reprises, mais je l’ai accueilli car c’était bien plus grisant que dérangeant.

Non mais sérieux, me voilà à faire l’éloge de mon deuxième cours de la semaine … Moi … Faire du sport 2 fois par semaine … Non mais sans déconner, vous êtes qui pour faire voler ma réputation d’anti-sportive en éclat ? Hein ? Vous n’avez pas honte ?
Non ? Bon, ok. bah merci alors … :D

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